ernesto riveiro

Marcin Sobieszczanski, 1997
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Objets de compagnie par Marcin Sobieszczanski, 1997.

Et si les objets qui nous entourent, malgré leur immobilité apparente, vivaient? Et si, en plus, ils pouvaient percevoir, c’est-à-dire,- l’horreur! - , percevoir, entre autres choses, nous mêmes? On serait alors payés, avec la même monnaie, pour les perceptions que nous leurs portons. Pourquoi faut-il se servir ici du concept de revanche? Parce que percevoir, n’est pas seulement une accommodation passive au monde qui s’étend devant nous, c’est aussi le fait de posséder, en quelque sorte, ce monde. Merleau-Ponty dit, que voir est égal à avoir un projet moteur portant sur la chose vue. N’est-ce pas une appropriation virtuelle ? Mais dans cette déconcertante idée d’être vu par les objets, une condition philosophique doit être accomplie. Les objets doivent, au préalable, être animés. Le chemin de l’animation n’est pas forcement celui de l’anthropomorphisation. On peut, et peut-être même il le faut, partir de l’autre côté. L’objet animé, c’est celui qui a extériorisé l’intériorité de la matière, celle dont l’action a abouti à la création des organismes vivants. Cette question est intimement liée à une autre, celle de la morphologie fonctionnelle du corps animé.

S’il nous regarde, l’homme ou l’animal, il est fort probable, qu’il puisse faire plus. Sa forme, aussi informe ou extravagante qu’elle soit, doit receler inévitablement des caractères efficaces dans l’aboutissement des actions vitales. Les objets de Riveiro se tiennent là, pacifiquement, comme les compagnons de notre temps quotidien. Mais cette distance, cette retraite d’observateurs, cache des attributs menaçants, des dents, des pattes, des muscles prêts à rebondir. Si tel est l’objectif figuratif de Riveiro, il n’est pas étonnant que la récupération des objets techniques va souvent dans le sens de leurs fonctions primitives. Même le détournement de ces fonctions ne se fait pas sans observer les statures, les résistances, bref les prémisses techniques venant de leur « vie » antérieure. Ils nous regardent, ils peuvent donc passer à l’acte, il ne nous reste alors que d’essayer de les apprivoiser.



les objets:
" docteur scholl " . 1997 . bois, fer. h: 50cm.
" icarius " . 1997 . bois, cuivre, ciment. h: 12cm. l: 40cm.
" carpincho y leonore ". 1997 . matériaux divers. h: 44 et 40cm.


ernesto riveiro
1997, Marcin Sobieszczanski


Marcin Sobieszczanski, 1997
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Objets de compagnie par Marcin Sobieszczanski, 1997.

Et si les objets qui nous entourent, malgré leur immobilité apparente, vivaient? Et si, en plus, ils pouvaient percevoir, c’est-à-dire,- l’horreur! - , percevoir, entre autres choses, nous mêmes? On serait alors payés, avec la même monnaie, pour les perceptions que nous leurs portons. Pourquoi faut-il se servir ici du concept de revanche? Parce que percevoir, n’est pas seulement une accommodation passive au monde qui s’étend devant nous, c’est aussi le fait de posséder, en quelque sorte, ce monde. Merleau-Ponty dit, que voir est égal à avoir un projet moteur portant sur la chose vue. N’est-ce pas une appropriation virtuelle ? Mais dans cette déconcertante idée d’être vu par les objets, une condition philosophique doit être accomplie. Les objets doivent, au préalable, être animés. Le chemin de l’animation n’est pas forcement celui de l’anthropomorphisation. On peut, et peut-être même il le faut, partir de l’autre côté. L’objet animé, c’est celui qui a extériorisé l’intériorité de la matière, celle dont l’action a abouti à la création des organismes vivants. Cette question est intimement liée à une autre, celle de la morphologie fonctionnelle du corps animé.

S’il nous regarde, l’homme ou l’animal, il est fort probable, qu’il puisse faire plus. Sa forme, aussi informe ou extravagante qu’elle soit, doit receler inévitablement des caractères efficaces dans l’aboutissement des actions vitales. Les objets de Riveiro se tiennent là, pacifiquement, comme les compagnons de notre temps quotidien. Mais cette distance, cette retraite d’observateurs, cache des attributs menaçants, des dents, des pattes, des muscles prêts à rebondir. Si tel est l’objectif figuratif de Riveiro, il n’est pas étonnant que la récupération des objets techniques va souvent dans le sens de leurs fonctions primitives. Même le détournement de ces fonctions ne se fait pas sans observer les statures, les résistances, bref les prémisses techniques venant de leur « vie » antérieure. Ils nous regardent, ils peuvent donc passer à l’acte, il ne nous reste alors que d’essayer de les apprivoiser.



les objets:
" docteur scholl " . 1997 . bois, fer. h: 50cm.
" icarius " . 1997 . bois, cuivre, ciment. h: 12cm. l: 40cm.
" carpincho y leonore ". 1997 . matériaux divers. h: 44 et 40cm.